Quand j’étais enfant, je disais que je voulais « faire un dessin ». Ce que le dessin allait représenter importait peu : le plus important, c’était de le faire. Le plus important, ce n’était même pas le dessin, c’était dessiner. N’importe quelle image mentale à portée de mémoire ferait bien l’affaire, pourvu qu’elle se matérialise à la surface du papier.

Célim, un étudiant de l’École européenne supérieure de l’image d’Angoulême où j’enseigne, me confie l’autre jour en entretien que la sensation de produire sans objectif précis lui manque, depuis qu’il est à l’école. Je lui dis, « c’est marrant, je travaille sur une exposition pour laquelle je dessine tout et n’importe quoi sans réfléchir. Je les agence avec des dessins déjà réalisés qui n’ont jamais eu de place nulle part. Pour l’instant j’y vais au feeling, je pense que je comprendrai après. »

Je commence à comprendre : la vie entourée d’images, et le besoin de les absorber, de les traduire, de les réorganiser. Pour qu’elles s’influencent les unes les autres, comme un plan de cinéma après un autre. Pour changer leur histoire lorsque je ne suis pas d’accord. Pour qu’elles racontent par contreforme tout le reste du monde.

Louise Aleksiejew est née en Normandie en 1994. Diplômée d’un DNSEP à l’École supérieure d’arts et médias de Caen (2016) et d’un Master 2 en Esthétique, Pratique et Histoire de l’Art Contemporain à l’Université Paris VIII (2018), elle développe simultanément une pratique d’artiste plasticienne et d’autrice de bande dessinée. Elle travaille également en duo avec l’artiste plasticien Antoine Medes. Son travail, représenté à Paris par la galerie Bernard Jordan, est visible à l’occasion d’expositions personnelles, d’expositions collectives, de salons et de publications. Elle enseigne le dessin à l’École Européenne Supérieure de l’Image d’Angoulême depuis 2019. Elle vit et travaille à Montreuil.

Galerie des Ursulines

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